Le Bwiti {suite}

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Pendant l'initiation, les initiés après la prise de du bois sacré "L'Iboga" reviennent avec le sentiment d'être « passés de l'autre côté », d'avoir fait une approche de la mort. Ce « passage de l'autre côté », censé permettre une révision de la vie, mais aussi donner des clefs pour le futur est le but recherché de l'initiation, qui n'a généralement lieu qu'une fois dans la vie. Les effets bouleversants de cette étape sur le plan existentiel expliquent pourquoi le culte a essaimé dans toutes les ethnies gabonaises.

La racine étymologique du mot Bwiti, selon M. Okaba, linguiste originaire des Monts du Chaillu, serait une déformation du mot tsogho bo-hete : « émancipation », « libération d’un fluide ». Le Bwiti serait donc littéralement ce qui permet à l'homme de gagner sa liberté.

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« Le Bwiti est une philosophie de la libération ; il permet à l'homme d'échapper à la matière, de devenir un banzi, littéralement celui qui a éclos, qui est sorti de sa coque en langue tsogho. Et cette philosophie est fondée sur eboghe, ce qui soigne (l'iboga), maganga ce qui permet à l’être de se renouveler, et kangara, réchauffer, régénérer (la connaissance des plantes). » M. Hamidou Okaba

  • Banzi : initié, littéralement en tsogho « celui qui a éclos, qui est sorti de sa coque, le libéré ». Vient de banzara « décortiquer l’amande ». Plus récemment, en pounou, c'est celui qui « a trouvé la vérité ». Le banzi devient mvon en Fang, mais plus généralement on l'appelle « enfant » du Bwiti.
  • Dissumba : désigne la femme ancêtre dans le Bwiti des Mitsogho. Le Dissumba est par extension la forme de Bwiti la plus mystique, souvent qualifié de culte des ancêtres ou « voie de la mère ». C'est le culte qu'a choisi l'ethnie fang pour concevoir un Bwiti syncrétique axé sur la notion de révélation. L'iboga y est consommé en très grande quantité.
  • Kombo : nom d'initié, nom de l'esprit qui dirige le banzi, de l'entité qui accompagne, du « saint patron » ; chacun a son kombo qui se manifeste pendant l'initiation et devient son nom d'initié. Au départ, le terme vient de kombara, « quitter », et désigne le nom par lequel on veut être salué quand on prend congé.
  • Misókó : les yeux en Mitsogho, de sokara, « voir », Bwiti de l'auscultation (divinatoire). Le Bwiti Misókó est considéré comme le culte de la guérison, la « voie du père ». L'iboga y est consommé en moindre quantité.
  • Ngozé : veillée rituelle du Bwiti