Elombo, Ivanga, et Ndjèmbè

elombo

L'élombo est une institution initiatique d'origine orungu. Elle s'appelait autrefois nango (le médicament). Ce rite a été introduit chez les Nkomi (sous-groupe myènè du Fernan Vaz, au Sud de Port-Gentil) par une femme nkomi. Celle-ci, malade, est allé se faire soigner chez les Orungu et a été initiée à ce rite. Revenue au Fernan Vaz avec un nouveau nom, Nango (le nom du rite qui l'avait soignée), elle a introduit le rite chez les Nkomi sous le nom d'elombo. Ce rite s'est ensuite étendu dans tout le Gabon, avec quelques variantes selon les régions.

Ce rite est ouvert aux femmes. C'est une transe à but thérapeutique, pratiquée dans de magnifiques costumes. Elle repose sur la croyance aux esprits des morts, et a pour finalité, entre autres, de soigner un patient en le débarrassant des esprits qui l’envoûtent.

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L'ivanga est une danse qui semble avoir pris naissance chez les Orungu et qui s'est ensuite propagée le long de la côte, au Nord jusqu'à la Guinée équatoriale (on la trouve chez les Ndowé) et au Sud jusqu'à Mayumba.

C'est une danse intéressante car elle montre l'organisation de la société orungu, et ses rapports avec la nature.

Il s'agit d'une danse de femmes. Il n'y a que deux hommes : akaga m'osaka, le chef du fouet, qui surveille et qui n'est pas vraiment dans la danse, il évolue en marge de celle-ci et intervient par exemple pour exhorter les danseuses à se donner d'avantage, à chanter plus fort, etc., et ebola, le joueur de tam-tam. Le chef (akaga) est une femme.akaga2

Toutes les danseuses sont vêtues de la même manière, l'uniforme symboliserait l'égalité des individus dans la société pré-coloniale. Seule l'akaga (la cheftaine, le juge) porte une tenue différente.La cheftaine n'entre en scène qu'après deux ou trois heures de danse. Elle est vêtue de blanc mais en plus porte une ceinture de grelots en raphia, un chasse mouche et d'autres accessoires. Quand elle ne danse pas, elle est assise. Les danseuses continueront de se détacher du groupe deux par deux mais viendront danser devant la cheftaine, qui leur fera l'accolade.

Cette danse est assez spectaculaire et dure toute la nuit, jusqu'à l'aube.

13_dernieres_recommandationLe Ndjèmbè est une institution initiatique féminine hiérarchisée et placée sous l’autorité d’une présidente, la Ngwèvilo, et comportant des initiées et des postulantes. La Ngwèvilo est une femme d'âge mûr, investie de certains pouvoirs et chargée de conduire et de diriger les cérémonies culturelles, en un lieu donné.

De nos jours les femmes y sont initiées à n'importe quel moment de leur vie. Les rites de passage ont lieu pendant deux ou trois semaines, au cours desquelles les aspirantes sont claustrées.

Les femmes dansent le Ndjèmbè au cours de réunions secrètes entre initiées, mais aussi au cours de séances publiques.