Le Ndjobi et Autres rites et traditions

Dansele Haut-Ogooué, au folklore riche et vivant, relève de trois cultures ethniques différentes, Obamba, Ndzabi et Téké avec à la fois des variantes notables et des points de convergence, surtout en ce qui concerne les structures sociales et les croyances essentielles. Vers Okondja, coeur du pays Obamba, le culte des ancêtres existait jusqu'au début du XXème siècle. Les reliques des ancêtres étaient conservées dans des paniers surmontés de figurines sculptées recouvertes de feuilles de cuivre dont certaines sont des chefs-d'oeuvre de l'art africain traditionnel. Plusieurs sociétés à caractère initiatique animaient la vie sociale ancienne de ces villages en perpétuel déplacement. Les grandes fêtes de la circoncision accompagnées des rites de passage de la puberté permettaient aux « nganga » d'étaler leur habileté, leur savoir et leur sens de la danse.
Actuellement la plupart de ces danses à caractère sacré ou social sont devenues des danses de divertissement, masquées ou non. Les Bandzabi, établis plus à l'ouest, présentent à peu de choses près les mêmes caractéristiques culturelles : culte des ancêtres, sociétés initiatiques, croyance à l'esprit du « Mungala » (grand masque figurant un monstre aquatique), « anarchie » structurelle des villages où chaque aîné de lignage était un chef, agriculture de subsistance, pêche et chasse à la sagaie, au harpon et au filet (comme les Pygmées qui furent leurs initiateurs en matière de chasse et de cueillette). 

NdjobiLe Ndjobi est exclusivement masculin et pratiqué par les groupes ethniques Bambamba,Kota, Ndassa Nzabi, Obamba, Téké et Wandji, habitant au Congo et au Gabon. Il n'est pas la première société initiatique. Il s'inscrit dans la continuité des précédentes sociétés initiatiques telles que le Ngo, l'Anduku, l'Onkani, l'Onkéra, le Lésombo, le Nkula, le Mbèle? dont il s'inspire pour sa dynamique. Le Ndjobi est très fonctionnel et normatif. Son activité concerne autant la socialisation, la lutte contre la sorcellerie, le contrôle social que le règlement des conflits, l'activité économique, les relations entre les hommes? L'originalité du Ndjobi réside dans son ambivalence : il est à la fois dangereux et salutaire, et ésotérique. Malgré sa multifonctionnalité et son efficacité affirmée, sa perception est très contrastée dans l'opinion publique. Il est, pour certains, une association de sorciers ; et une société initiatique pour d'autres. La création et l'essor du Ndjobi au Gabon mettent en évidence la dynamique de l'inventivité sociale dans le domaine magico-religieux observée depuis des décennies.

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La danse mbali tient son nom de la bière de palme ou d’ananas, boissons traditionnelles des Otégé. Cette danse était exécutée lorsque suffisemment de boisson avait été collectée pour régaler le village ou le groupement concerné.

De nos jours, elle est la danse traditionnelle la plus en vogue, régulièrement présentée pour les levées de deuil où les cérémonies officielles.