7d3eue9_50028Les pygmées du Gabon, représentent un ensemble de groupes ethnolinguistiques comprenant les parlers: Akoula, Akowa, Baka, Bakoya, Babongo, et Bakouyi. Premiers peuples du Gabon originaires de la forêt qu’ils nous connaissent et dont ils connaissent intimement la faune et la flore. Le statut de premiers habitants du Gabon leur sied à merveille.
C’est ici le lieu de dire que la cohabitation entre les autres peuples et les pygmées est faite d’humiliations, de frustrations et de marginalisation. Tour à tour, pygmée est devenu une injure : « espèce de pygmée ! » parfois, c’est une affirmation gratuite : « quel vrai pygmée ! »
Et pour exprimer une curiosité, on se laisse dire : « donc c’est un pygmée ? » Lorsqu’un pygmée peut exceller dans un quelconque domaine, on s’interroge : « même les pygmées aussi ? ». Lorsqu’il arrive à un pygmée de se tromper sur un sujet quelconque, les bantous disent de lui « un pygmée reste un pygmée», sous-entendu la bêtise. Pourtant lorsque ceux-là ont besoin de leurs services pour une guérison ou une quelconque ascension sociale, le pygmée devient « mon frère ».

12_07_06_15h082049064000La réputation des pygmées en matière de botanique pharmaceutique n’est plus à faire sur les toits des villas feutrées des grands centres urbains, ou des immeubles gratte-ciel des pays occidentaux.
Il est reconnu à l’unanimité que les pygmées ont laissé un héritage inestimable en matière de botanique pharmaceutique aux peuples bantous et aux autres chercheurs outre océans.

Parlons de la circoncision chez les pygmées du Gabon qui est une pratique bien préciseuse.

La circoncision, le guérisseur du campement de Bitouga, Michel Gialoko, 53 ans, marié et père d'un enfant, en parle avec pudeur et ne souhaite pas livrer tous ses secrets. Mais autour d'une bière chaude la langue se délie peu à peu et il confie que « la circoncision est une pratique particulière qui régit la virilité de l'individu et le place au centre de la cellule familiale ».

« La circoncision chez nous se pratique à tout âge et il faut absolument passer par ce stade de la maturité de l'homme », explique Gialoko à qui on donnerait 30 ans. Son rôle, se plait-il à dire, est de communiquer avec les esprits pour protéger le village. Ses pouvoirs lui ont été transmis par ses aînées.

« La circoncision se pratique au lever du jour derrière les habitations. Le candidat à l'épreuve porte un pagne noué autour de la taille ou du cou et se présente torse nu. En fait, l'un des assistants du guérisseur ira chercher le jeune homme pour le conduire sur le lieu de la circoncision », explique lentement Giokolo.

Là, poursuit-il, « tous les hommes du village sont derrière lui pour l'aider à surmonter la peur. Les chants des femmes Pygmées rendent la cérémonie plus solennelle ».

« Seuls des connaisseurs doués pour la pratique de la circoncision sont autorisés à le faire. Les bras et les pieds écartés du jeune homme sont tenus par quatre hommes. Le bassin qui repose sur une grande feuille de bananier annonce le début de la cérémonie entretenue par des chansons », explique Gialoko.

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C'est dans ce décor que le guérisseur, après avoir obtenu l'érection du jeune homme, pratique l'excision de la peau du prépuce avec adresse,d'un geste calibré...et en une seule fois.

« La circoncision est faite chez les garçons de 5 à 9 ans et il arrive qu'elle soit pratiquée à l"âge de 20 ans. Un peu tardif, mais c'est un passage obligé pour acceder à un statut social. Il peut arriver que la circoncision se fasse deux fois si une maladresse a été commise lors de la première tentative », renchérit le guérisseur.

Après la circoncision, une feuille aux vertus antiseptiques et cicatrisantes est entouré sur la partie saignante du jeune homme, puis suivront d'autres pansements tous les deux ou trois jours.

"La circoncision s'achève avec l'enfouissement du prépuce au pied d'un bananier et la fête organisée au village. Le jeune homme circoncié pourra enfin chercher une compagne officielle dans un village voisin (...)", résume le guérisseur.

L'OMS (l'Organisation Mondiale de la Santé) et l'ONUSIDA (progamme commun des nations unis sur le SIDA) ont décidé de lancer des campagnes de sensiblilisation en faveur de la circoncision depuis mars 2007, une efficacité sur la prévention de la contamination par le VIH ayant été prouvée.

Dans son rapport l’OMS précise :« 1-1La circoncision doit maintenant être reconnue comme une mesure efficace de prévention du VIH. 1.2 Il faut considérer la promotion de la circoncision comme une nouvelle stratégie importante de prévention de la transmission hétérosexuelle du VIH de la femme à l’homme ».

Toutefois, ce type de campagne peut être mal interprété, puisqu'elle peut laisser faussement croire que la circoncision immunise. Or le risque de contamination n'est pas totalement écarté, mais seulement réduit. L'usage de préservatifs reste encore et toujours le meilleur moyen de protection contre le SIDA lors d'un rapport sexuel, que l'homme soit circoncis ou non.

L'OMS rappelle donc que la circoncision ne protège pas complètement contre l’infection à VIH. Les hommes circoncis peuvent toujours contracter l’infection à VIH et, une fois séropositifs, transmettre le virus à leurs partenaires sexuels,

Selon une étude franco-sud-africaine exposée le 26 juillet 2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l'infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu'à 65% » moindre de contracter le virus du SIDA". Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis.En mars 2007, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme commun des Nations unies sur le VIih/sida (ONUSIDA) ont recommandé par conséquent l'utilisation de la circoncision comme méthode de prévention de l'infection à VIH chez les hommes hétérosexuels. C'est suite à une consultation internationale d'experts organisée du 6 au 8 mars dernier à Montreux, en Suisse, que cette recommandation a été faite. Le défi que veut relever l'OMS et l'ONUSIDA est d'aider à réduire rapidement le nombre de nouvelles infections par le VIH dans le monde. La circoncision vient donc renforcer la panoplie de bonnes pratiques à observer pour réduire les risques de nouvelles infections. La consultation internationale qui a permis cette recommandation a réuni, selon une dépêche de l'OMS, des experts représentant un large éventail de parties intéressées, notamment des gouvernements, des membres de la société civile, des chercheurs, des défenseurs des droits de l'homme et des militants de la santé des femmes, des jeunes, des institutions de financement et des partenaires impliqués dans la mise en œuvre des programmes.Selon le Dr. Kevin De Cock, directeur du département du VIH/SIDA à l'OMS, cette nouvelle technique de réduction du risque d'infection permettra aux pays qui connaissent un taux élevé d'infection par relation hétérosexuelle et une faible prévalence de la circoncision de faire la promotion de cette solution pour réduire les nouvelles infections hétérosexuelle chez les hommes.

Les recommandations de l'OMS sont fondées sur trois essais cliniques menés à Kisumu au Kenya, en Ouganda, dans le district de Rakai (financés par les Instituts nationaux de la santé des Etats-Unis) et à Orange Farm, en Afrique du Sud (financé par l'Agence nationale française de recherches sur le sida). Ces essais ont démontré que la circoncision réduit d'environ 60% le risque de transmission hétérosexuelle du VIH à l'homme. Ces données, poursuit la dépêche, confirment les conclusions de nombreuses études observationnelles qui suggéraient la corrélation géographique décrite depuis longtemps entre une faible prévalence du VIH et des taux élevés de circoncision dans certains pays en Afrique. Il a été souligné que la circoncision ne protège pas complètement contre le virus du SIDA et qu'elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément.

Plusieurs explications ont été avancées:

  • le prépuce est riche en cellules dendritiques, qui jouent le rôle de récepteur du VIH
  • après un rapport sexuel contaminant, le VIH persisterait plus longtemps chez les non-circoncis car la zone entre le pénis et le prépuce reste humide
  • chez les circoncis, le gland est kératinisé et épaissi, et pourrait constituer une barrière physique contre le virus. Mais le préservatif reste encore le meilleur moyen de protection alors je vous en supplie n'oubliez jamais de le mettre !

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Non_circonci   Avant la circoncision.

Circonci    Après la circoncision


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